Il y a beaucoup de raisons de renouer avec Assad . Mais aucune, à mon sens, ne justifie que la République française invite ce despote à célébrer avec nous la fête de la Liberté, le 14-Juillet. La Syrie est aujourd'hui au centre de la partie d'échec qui oppose l'Occident à l'Iran. Et dans cette partie éminemment complexe Damas semble vouloir faire désormais cavalier seul. Certains pensent donc qu'on pourrait l'amener à prendre ses distances avec Téhéran et ainsi affaiblir la République islamique. C'est tout le pari d'Israël, qui a entamé des négociations avec Assad. Mais, sauf preuve contraire secrète, le président syrien n'a pas encore démontré qu'il avait opéré un choix stratégique définitif. Certes, il a permis l'accord de Doha qui a mis un terme - provisoire - à la crise libanaise. Mais en quoi était-ce là un revirement stratégique? Grâce à cet accord, Assad dispose désormais de fait d'un droit de veto sur toutes les décisions du gouvernement Siniora. Et son allié, le Hezbollah, conserve son arsenal militaire. Certes, Assad dit qu'il va ouvrir une ambassade à Beyrouth, ce qui prouverait qu'il reconnaît enfin l'indépendance du Liban. Mais l'a-t-il fait? Pas encore. Certes, s'il vient à Paris le 13 juillet et s'assoit à la même table qu'Ehud Olmert au Sommet sur l'Union pour la Méditerranée, il fera un geste symbolique fort, qu'il faudra saluer. Mais pourquoi aller si vite en besogne et célébrer d'ores ...